mercredi, 01 février 2006
23. A l'attaque de l'Aconcagua !
Au pied de la Cordillère des Andes, la ville de Mendoza transpire. Le thermomètre, qui affiche 38°C en ce dimanche d’été austral, invite à gagner la fraîcheur des cimes.
Non l'Aconcagua n'est pas un serpent mais cette immense Sentinelle « de pierre » ou « enneigée » , comme la nomment Indiens quechuas et aymaras. 6592 mètres, la plus haute forteresse du monde après les pics de l'Himalaya. Une masse énorme, carapace de tortue géante, d’où s’élèvent deux aiguilles dorsales, nord et sud....

Petite pause au milieu des dernières fleurs violettes et « Calandrinia andicola » jaunes avant la végétation ne s’éclipse et que les mules ne soient plus que les seuls mammifères vivants à part les hommes....




Après cinq heures de marche, nous atteignons le « Mirador », à 4250 mètres. La tête encore étourdie par l’altitude, on lève alors le nez pour admirer la paroi sud du Toit des Amériques : des épaules hautes de 3000 mètres et larges de 5000 conquises en 1957 par Lucien Berardini et Robert Paragot, duo mythique de l’alpinisme français qui immortalisa l’exploit dans les pages de « 20 ans de cordée ».
Le silence. Puis Baudelaire qui nous chuchote: « Du temps que la Nature en sa verve puissante / Concevait chaque jour des enfants monstrueux, / J'eusse aimé vivre auprès d'une jeune géante, / Comme aux pieds d'une reine un chat voluptueux. »

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